Procès ou pas ? Petit retour sur l'effet Streisand – Martinez – etc.

Vue aérienne de la propriété de B. Streisand
La propriété de Barbra Streisand. Copyright (C) 2002 Kenneth & Gabrielle Adelman, California Coastal Records Project, www.californiacoastline.org

Marie-Aude

J'ai fait de la compta, de la finance, du juridique, j'ai été chef de projet SAP, j'ai fait de la photo, des voyages. Depuis 2007, je fais avec amour des sites webs pour les utilisateurs, qui se référencent bien et je vous aide à acquérir du trafic pertinent.

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9 réponses

  1. Laurent dit :

    Salut

    j'ai cru comprendre que son plus grand tort a été de ne pas avoir pris d'avocat, qui aurait pu s'appuyer sur de la jurisprudence et simplement sur le droit, mais avec un vocabulaire et un argumentaire d'avocat.
    Peut être que puisqu'elle a été seule face aux juges, elle n'a pas bénéficié de tous les outils pour contrer l'avocat adverse.
    Dommage qu'elle n'ait pas décidé de faire appel.

    Je partage néanmoins ton avis ainsi (surtout puisqu'il fait référence) que celui de Maitre Eolas.

    Tiens, je suis sur que les propriétaires de ce restaurant ont dû être assaillis par les agences SEO de e‑réputation pour nettoyer la leur :)

    cdt

    • Marie-Aude dit :

      Oui, je crois que sauf si tu n'es pas du métier, il faut toujours faire appel à un avocat (et sa réaction au sortir du tribunal me fait penser qu'elle n'est pas du métier). Honnêtement, je pense que dans l'affaire, surtout si ce que l'avocate a dit, et avec en face quelqu'un qui s'y connait techniquement, il y avait de quoi être relaxée, ce qui implique que la partie adverse est condamnée aux dépens. 

      Pour l'e‑reputation tu as raison, c'est une proposition à leur faire. Mais... dans un cas comme ça, il faut attendre avant de nettoyer, et surtout essayer d'être très présent sur les réseaux sociaux, faire entendre sa voix, décrocher un ou deux articles. ça coute cher, on est à plusieurs milliers d'euros de taf, je pense, et surtout, ça n'est pas immédiat. Or le restau fait le plein de clientèle pendant l'été !

      Bon en même temps, quand tu es sur place, tu ne cherches pas sur Google ^^

  2. Philippe dit :

    Le dénigrement ne présuppose pas nécessairement un coup bas (anti)commercial entre concurrents. Il présuppose la *volonté* de nuire (donc pas la conséquence d'une action nuisible, mais sa motivation) à quelqu'un, qu'il soit ou non un concurrent, qu'il soit ou non un entrepreneur ou une société.

    D'après une itw d'Éolas par Le Monde, la blogueuse aurait toutes les chances de gagner en appel. La manière dont elle est s'est débrouillée pour torpiller son cas en première instance atteste qu'elle n'est ni avocate ni juriste.

    Pour l'anecdote, j'ai été jadis poursuivi pour dénigrement et diffamation par un ex-​employeur (donc hors contentieux commercial). Mais ne demande reconventionnelle pour… dénigrement et diffamation – j'avais toutes les preuves matérielles pour le prouver – m'aura permis de gagner une coquette somme en première instance, somme alourdie en appel pour appel manifestement abusif. :D

    Tout ça pour dire que la personne qui m'avait intenté un procès ignorait manifestement tout du droit. Et que son avocat découvrait avec stupéfaction les vrais tenants et aboutissants de l'affaire au moment même où elle se plaidait. M'est avis que l'avocat du resto a fait son boulot, mais qu'il se serait ramassé une veste si la blogueuse avait défendu sa cause d'une manière un peu plus professionnelle.

    Par contre, si son article (que je n'est pas lu) est rédigé d'une manière aussi peu professionnelle que les quelques bribes que j'ai pu en lire, les juges sont fondés à en interpréter les motivations d'une manière tout aussi élastique.

    • Marie-Aude dit :

      Je suis légèrement en désaccord en ce qui concerne la définition juridique du délit de dénigrement .... qui est différente de la définition du dénigrement "en français normal" comme élément à charge dans une affaire de diffamation. Le dénigrement est aussi un délit en cas de relation entre (ex) salariés et employeurs. 

      Son article, que j'ai lu, était à la fois énervé et piquant. Pour être honnête, dans d'autres domaines, j'ai écrit exactement le même genre d'articles quand je trouve qu'on dépasse les bornes. En tout cas je suis ravie de voir que mes conclusions sont appuyées par la science et la sagesse de Maitre Eolas ! C'était dans l'Express, et voici le lien : http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/blogueuse-condamnee-pour-une-critique-de-resto-l-exemple-a-ne-pas-suivre_1558569.html

  3. Philippe dit :

    « définition juridique du délit de dénigrement »
    Je viens de jeter un coup d'œil à mes deux – très vieux – dictionnaires juridiques. Aucune entrée sous ce nom-​là. :D

    Si par irrégulierothon tu fais référence à un appel aux dons pour financer les suites d'une décision de justice, oui, c'est illégal de lancer un tel appel comme de le relayer, quelle que soit l'instance judiciaire dont il est question.
    (désolé pour les coquilles, suis un peu fatigué)

    • Marie-Aude dit :

      Je n'ai trouvé que des arrêts en commercial ou en social... et rattaché au délit de concurrence déloyale. J'en conclus qu'en matière civile, sans "avantage" tiré par le dénigreur, ça n'existe pas.
      Pour le reste, moi je relaye... après la madame elle fait ce qu'elle veut ! Je me demande juste si le Sarkothon était légal :)

  4. Rodolphe dit :

    Je viens de lire ton article "Marie-​Aude", et je peux te dire que ça fait quand même froid dans le dos de se dire que simplement en écrivant un article sur un blog , tu peux te retrouver avec un Procès au C... Je reste aussi dubitatif sur le fait que SEUL le dénigrement soit retenu dans ce procès. Car comme tu l'indique plus haut, le jugement fait par un avis de personnes, peux être contesté et aussi démonté devant un tribunal. Une sale affaire pour cette bloggeuse quand même.

  5. Bruno TRITSCH dit :

    Bonjour Marie-​Aude,

    Je pense que cette blogueuse avait deux lacunes de taille pour pouvoir espérer être relaxée dans cette affaire : comme tu le dis, elle n'a pas voulu s'attacher les services d'un avocat (certainement par manque de moyen ou par pure naïveté) et surtout, elle n'est pas professionnelle.
    Je pense donc qu'on a privilégié les intérêts d'un professionnel qui avait tout à perdre face à un particulier qui n'avait rien à gagner.
    Par ailleurs, ça tombe bien que tu fasses allusion à Tripadvisor car ce type de site devrait justement être interdit, puisqu'il s'agit purement et simplement d'une tromperie organisée (sur les soit-​disant avis de clients) et d'une publicité mensongère.
    Mais bizarrement, ces sociétés qui profitent allègrement du système au détriment à la fois des particuliers clients mais aussi des restaurateurs rackettés pour ne pas voir leur réputation injustement entâchée, agissent en toute impunité et ne semble absolument pas inquiétées par les services de la répression des fraudes.

    Amicalement,

    Bruno

  6. mialli dit :

    Bonjour Marie-​Aude ! C'est hallucinant quand même comment une histoire d'apéro a pu prendre une telle disproportion mais que dire, c'est la loi de la réciprocité vendeur-​client !! Après je rejoins un peu Bruno TRITSCH sur certains points quand même : certes, le client est ROI et il a tout à fait le droit de manifester son mécontentement par tous les moyens mais c'est vrai qu'un professionnel a beaucoup à perdre dans l'histoire ! Toutefois, un procès n'était pas vraiment nécessaire, là ça devient un peu trop enfantin et puis ils peuvent très bien sauver leur peau au moyen des avis positifs masqués sur Tripadvisor comme nous le dit toujours notre cher ami Bruno ! Puis ce procès, ce n'était pas tellement à leur avantage ! Voyez le résultat : les lecteurs sont curieux et veulent connaître toute l'histoire donc forcément ils iront lire l'article de l'Irrégulière (comme je l'ai fait d'ailleurs j'avoue). La bloggeuse profite puisqu'au niveau trafic elle gagne et son blog devient spontanément populaire ! Tandis que pour le restaurant, l'image en souffre et c'est difficile de remonter le cap une fois que les consommateurs auront acquis un certain jugement par rapport à tout ce "scoop"!

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