Oui selon la fondation WordPress, non selon la loi. Une très grosse polémique entre la Fondation et les développeurs de thème.
Le code PHP des thèmes WordPress – et seulement lui – doit être en GPL
Il y a trois ans, lors du bras de fer avec Thesis – qui avait fini par plier – Matt Mullenweg et Automattic s’étaient appuyés sur un avis du Software Freedom Law Center pour justifier leurs positions :
Que ce soit dans un thème ou un plugin, tout le code php est un dérivatif du code de WordPress (puisqu’il ne peut pas fonctionner sans le code WordPress) et doit donc être distribué sous licence GPL.
En revanche,
La split-licence est largement pratiquée, notamment par ThemeForest
C’est ce qu’on appelle une split-licence, et c’est ce que pratique Envato avec son site ThemeForest où les auteurs de thèmes ont à leur disposition des licences toute prêtes, sur le modèle de la split-licence.
Le modèle de tarification de ThemeForest est généralement basé sur deux niveaux de licence : un prix autour de 40-45 $ pour une utilisation sur un seul site, et un prix au delà de 100 $ pour une utilisation multisite. Néanmoins certains auteurs de thèmes n’hésitent pas à aller beaucoup plus loin en demandant plus de 2.000 dollars pour une licence multisite. Personnellement, je trouve cela abusif (surtout étant donné le graphisme du thème, qui n’a pas beaucoup d’éléments originaux) puisqu’on demande le prix d’un vrai graphisme exclusif et original pour un thème qui sera par ailleurs vendu à l’unité.
Personnellement, je ne suis pas fana de ThemeForest et je préfère d’autres vendeurs, néanmoins on y trouve d’excellents thèmes, et la plateforme permet à de très nombreux développeurs d’accéder à une large clientèle.
Et le grand nombre de thèmes sous split-licence déplait manifestement à WordPress
Les auteurs ThemeForest refusés au WordCamp
La fondation WordPress refuse toute participation officielle des auteurs ThemeForest aux Wordcamps. « Participation officielle » cela veut dire qu’ils ne peuvent pas :
- faire
- organiser
- sponsoriser
- ou participer de façon bénévole
à n’importe quelle conférence / atelier / événement d’un WordCamp. Ils peuvent bien sûr y assister !
De très grands développeurs WordPress qui participaient depuis plusieurs années aux WordCamp ont appris que c’était fini… alors qu’ils respectent scrupuleusement l’avis légal utilisé par WordPress en 2009, et qu’ils vivent bien de leurs créations, mieux qu’ils ne pourraient en vivre sur n’importe quelle autre place de marché.
L’argument de la fondation WordPress est « Envato est ‘evil’ parce qu’il fait la promotion de la licence séparée, et pas la promotion de la licence GPL, il ne pousse donc pas à la diffusion du libre ». Et les guidelines des Wordcamp reconnaissent tout à fait que leur exigence du full GPL va au delà des exigences juridiques !
Qui est le plus « evil » ?
D’un côté, une fondation, qui fait tout pour la promotion de ses produits, et pousse au maximum à la licence libre, quitte à priver d’une certaine visibilité des développeurs qui respectent parfaitement les conditions de sa licence, en changeant sa politique par rapport aux années précédentes.
D’un autre côté, des développeurs qui vivent bien de leurs créations, grâce à une place de marché qui respecte la législation.
Il me semble, sur ce coup là, que WordPress va trop loin. Un WordCamp, pour moi, c’est avant tout une réunion où j’ai envie de voir de bons professionnels. Si je veux me faire évangéliser sur le libre, je vais ailleurs.
Par ailleurs, WordPress aujourd’hui, ne propose pas de place de marché. Si WordPress.org offrait aussi la possibilité de vendre des thèmes, avec la condition du full GPL, je suis sûre que de nombreux auteurs se précipiteraient pour participer, et avoir leur thème validé par WordPress.
Paradoxalement, le seul endroit où une organisation WordPress « vend » des thèmes, c’est sur WordPress.com, où les thèmes sont plutôt chers (60$ à 75$ et plus), et où le problème de la licence GPL ne se pose pas, puisqu’il s’agit en réalité d’un « droit d’utilisation », et que les thèmes ne sont pas distribués.
Si je quitte WordPress.com pour une solution hébergée, je reste propriétaire de mes données, certes, mais pas de mon thème.
Alors ?
A la fin, cela se terminera en calculs économiques. WordPress fait la promotion des places de marché full GPL, et les auteurs de thèmes feront leurs comptes entre ce que peuvent leur rapporter ces places de marché et leur participation au WordCamp, d’un côté, et Envato de l’autre. Je crois que le porte-monnaie sera en faveur d’Envato.
























Ce que je crainds avec le GPL c’est que plus personne ne veuille plus rien faire si tout le monde peut s’en servir légalement sans avoir à payer quoique ce soit. Question de point de vu je suppose, comme le piéton et l’automobiliste.