Même si vous ne me donnez pas votre e-mail, je vais vous fournir ma liste des 10 signes infaillibles pour identifier un vendeur de rêve qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas…
1. Il raisonne en chiffre d’affaires, et pas en marge
N’importe quel vrai chef d’entreprise le sait, ce qui compte c’est la marge, et « je dirais même plus », la marge nette. Annoncer des performances en CA, cela ne veut rien dire. Entre un freelance qui n’a quasiment rien à payer parce qu’il vit chez sa copine, gratuitement, et qu’il « dépense » simplement son temps, un autre freelance qui lui sous-traite des vidéos, de la gestion de sites, de l’achat de liens, et paye de l’Adwords, ou bien un autre, qui a acheté à des gourous américains des méthodes qu’il traduit, pour les revendre au même prix, le même chiffre d’affaires n’a pas le même impact sur le porte-monnaie. Rarissimes sont les « blogueurs professionnels » qui pensent à donner ces informations
2. Il raisonne en chiffre d’affaires global, par en taux horaire
Gagner 350.000 € sur un « lancement orchestré », ça fait rêver les enfants. Mais… combien de temps pour préparer ce lancement ? Combien d’heures pour faire les vidéos ? Combien de mois pour lancer les sites, amorcer les pompes à email, constituer sa base de données, arriver à se donner une crédibilité minimum ? Comme d’autres le disent, l’argent facile sur internet – comme ailleurs – ça n’existe pas. Quelques blogueurs pros, qui ont été les premiers sur le filon, qui ont réussi à créer leur niche, doivent effectivement bien gagner leur vie (sans que leurs salaires nets dépassent ceux de bons commerciaux), mais la plupart ont des revenus réels inférieurs au SMIC horaire. Quand Amacker parle de « réussir » à gagner 996 euros en septembre 2010, et explique que c’est après ça qu’il a lancé la formation Bloguer / Gagner, on peut tout de suite se dire que les débuts ont été difficiles.
Si on analyse les chiffres disponibles, néanmoins
Par exemple ceux de Sébastien Le Marketeur, on s’aperçoit de l’énorme différence entre C.A. et résultat…
Pour 544.00 € de chiffre d’affaires sur 13 mois, la valeur ajoutée n’est plus que de 195.700 (la valeur ajoutée, ce sont les ventes moins les achats, avant amortissements : autrement dit on ne compte pas les voitures, le matériel de bureau, les PC), et un Excédent Brut d’exploitation de 79.800 €. L’EBE, c’est, à la louche, la valeur ajoutée moins les salaires.
L’effectif de la société n’est pas précisé, on est donc dans le « moins de dix », mais on peut penser qu’ils sont au moins deux, puisque Sébastien le Marketeur parle régulièrement de collaborateurs. Cela fait donc, pour deux personnes, 87.000 € de salaires net avant impôts, sur 13 mois, donc 3.300 en moyenne dans l’hypothèse ou ils sont deux, 2.200 si ils sont trois.
Encore une fois, ce sont des montants très corrects pour des salariés. Il faut aussi rajouter les 60.000 € de résultat, donc 4.600 € par mois (qui, à mon avis, suffisent tout juste à financer la future croissance), mais pour un chef d’entreprise, c’est très loin d’être exceptionnel. On n’est pas dans la cour des grands, et de très loin.
Remarque au passage : les sociétés créés sont toutes très jeunes, 2010 en général, et présentent des exercices sur 13 ou 16 mois, donc des exercices « de création », qui cachent les pertes des débuts.
3. Il n’a pas de visibilité en dehors de sa sphère
Un « entrepreneur » web qui réussit vraiment très bien, on en parle un peu partout, dans les journaux en ligne, dans des blogs d’analystes, dans la presse papier quand elle parle du web. En particulier, ses profils LinkedIn et Viadeo sont particulièrement pauvres. C’est parce que cet « entrepreneur » ne travaille pas avec des chefs d’entreprise.
4. Il ne vous apprend pas grand chose… voir rien du tout
On semblait dire que « webmarketingjunkie » c’était mieux, ou moins pire. Je suis donc allée voir son blog, et j’ai religieusement écouté cette longue vidéo, dont le pitch est Chacun de ces 6 leviers a la capacité -à lui seul- de faire exploser vos revenus. Voici comment faire exploser leur potentiel pour passer de 1 à 10 ventes par jour, et davantage, semaine après semaine.
J’attends donc des recettes m’expliquant COMMENT augmenter mes ventes. En réalité la vidéo met plus de six minutes à m’expliquer qu’il y a six points de contacts (le site, la pop up, le mail, la page de vente, etc…) et que si je double mes pourcentages de clic à chacune de ses étapes, je vais doubler mes ventes.
L’idée du siècle. Je n’en suis toujours pas revenue… si je double mes commandes, je double mes ventes.
Je n’en reviens toujours pas.
Avec en cerise sur le gâteau, un « modèle excel » pour suivre les pourcentages de ces six indicateurs chaque semaine, « vous mettez en rouge quand c’est moins haut que la semaine précédente, en vert quand c’est mieux, le but c’est d’avoir le maximum de vert« .
Noooooooooooooooooooooooooooooon incroyable
En revanche, « si le taux de clic est moins élevé c’est que mon titre est moins bon », certes, mais COMMENT je fais pour améliorer mes titres ?
Alloooooooooooooooooo ? Tiens, y’a plus personne !
5. Il emploie des mots ronflants pour vous impressionner
Il est entrepreneur, webentrepreneur, blogueur professionnel.
Il a des stratégies à tout bout de champ, même pour faire la sieste.
Il vous parle de body language, parce que langage corporel, ça fait nul, et il vous explique que « tes émotions enregistrent ton body language [...] du coup [...] ça influence énormément tes émotions dans le pick-up »Â (5:48)
Gné ???
6. Il vous veut du bien
Il n’a qu’un but dans la vie, vous aider.
Il a une vie formidable, et ce qui lui donne un sens, c’est de vous aider à faire comme lui. Lui aussi il était nul, pauvre, moche, au chomage, enfermé par des croyances limitantes, pas zen, endetté…
Il a surmonté tous ces obstacles, comme un grand, tout seul, en passant des heures à se documenter sur le web et à faire des erreurs, et il n’a qu’une envie, parce qu’il est bon et généreux, c’est de VOUS aider à être comme lui.
Contre espèces sonnantes et trébuchantes
7. Il pipote
Il a rarement des mentions légales (et même quand il est déclaré, il faut chercher un peu pour trouver son entreprise : par exemple, pour Sébastien le Marketeur, il faut remonter au whois pour trouver le nom de sa sarl et de là arriver sur son siret). On ne sait pas trop où il est, c’est normal, il voyage tout le temps, entre ses cinq minutes de travail, donc moralité, le jour où vous voudrez vraiment vous faire rembourser selon sa garantie américaine, vous aurez un peu de mal à lui mettre la pression.
Ou bien alors il change de nom…. Sébastien KNIGHT, ça fait plus classe que Patrice Aucagos, plus anglo-saxon, plus je ne sais pas quoi…
Il s’autoproclame « consultant »‘ sans expérience réelle, comme Romy qui devient « consultant » après une seule opération…
Quant à David Jay, dont le vrai nom est David Guigue, c’est un peu plus bizarre. Il se présente sur son site comme orthophoniste (même les cgv de larevolutionvideo.com font référence à la société orthoformation), voici la copie du footer.

David Guigue orthophoniste ?
Or dans le blog, il répond à une personne qui s’inquiète de sa qualité d’orthophoniste, en lui conseillant d’aller vérifier sur le site de la secu ameli.fr
Ce que j’ai fait… et il n’y a pas de David Guigue qui soit orthophoniste à Cambrai. (Il a peut être été orthophoniste, mais il semble ne plus l’être « en exercice »)
8. Il copie
En marketing, une des règles d’or est d’être « le premier ». Je reconnais du talent et du travail à un certain nombre de ces « blogueurs professionnels » et « coachs » qui ont créé ces « méthodes », ou du moins qui ont eu l’idée de les importer, puisqu’il s’agit de décalques de méthodes américaines.
Mais au delà de quatre ou cinq, cela devient de la simple copie, et le sentiment de redite et de pyramide (même si juridiquement ce n’en est pas une) est patent.
Qui va leur apprendre à être original ? A trouver un marché ? A réellement construire un produit avec du savoir-faire ? Comprend-il même ce qu’il vend ?
9. Il voyage beaucoup ou il vit à l’étranger
Sa grande passion des voyages… son envie d’aller ailleurs, d’épanouir son âme d’entrepreneur loin du carcan français… mais il est rarement à Londres, au Japon ou aux Etats-Unis, curieusement il préfère les pays où la vie est tellement moins cher qu’on vit bien avec moins de 1.000 € par mois (Thaïlande, Costa Rica…)
Cherchez l’erreur !
10. Il ne sait pas gérer les crises et les critiques
Entre les absences de réponses lamentables d’Aurélien Amacker (alors qu’il aurait pu magnifiquement rebondir), les réponses agressives aux critiques sur leur propre forum (la personne pose des questions par rapport à « sa » perception de l’émission, Alexandre Roth reconnait lui même que l’émission ne retranscrit pas la réalité de la formation, mais envoie néanmoins le questionneur sur les roses), ou les réponses totalement à côté de la plaque (par exemple, Sébastien le Marketeur dit qu’il faudrait des critères de qualité même pour les formations bon marché, mais n’explique nullement quels seraient ces critères), le vendeur de vent est très mal à l’aise dès qu’on le sort de son petit scénario bien huilé.
D’une certaine façon, il a raison : ça marche un temps.
Et puis parfois, ça explose.
Références
- l’argent facile...§a n’existe pas
- ceux de Sébastien Le Marketeur
- Amacker sur Linkedin
- Amacker sur Viadeo
- cette longue vidéo
- même pour faire la sieste
- 5:48
- Romy qui devient &laq...nsultant »
- cgv de larevolutionvideo.com
- David Guigue est il orthophoniste ?
- Alexandre Roth bâche un questionneur
- Sebastien le Marketeur
- Google+
























a dit à 3:16 , le 20 décembre 2012
Je passe toujours un bon moment à lire tes billets, pour celui-ci aussi, mais une question me taraude : vous avez quoi à vous escagasser comme des malades sur cette bande de rigolos ?