C’est la dernière question sur les forums depuis que Laurent Bourelly a fait un podcast sur ce nouveau soft de spinning. J’ai donc fait comme tout le monde, je me suis précipitée dessus…. et je dois avouer que j’en suis ressortie assez déçue, en tout cas par rapport à mon utilisation de l’outil de spin. Pour résumer, je pense que :
- Laurent a rarement (jamais ?) fait des spins lui même, et en tout cas ne semble pas avoir revu tous les softs existant sur le marché
- Human Easy Spinner est le « Dreamweaver en mode wisiwyg » du spinning , avec les mêmes avantages pour ceux qui ne savent pas faire, et les mêmes inconvénients pour ceux qui savent faire.
Et surtout, je trouve qu’HES passe complètement à côté de l’essentiel. C’est à dire que comme presque tous les softs de spinning, il se concentre sur le dictionnaire. Or, à mon avis, le dictionnaire est le moins important des aspects du système. Et j’avoue que je suis déçue, car la présentation sur le site reprenait déjà certains de mes dadas :
- paiement unique, sans abonnement
- pas de fonctionnement en ligne
- pas de partage des dictionnaires
Personnellement, j’ai trouvé pour pas cher (55 USD au lieu des 99 € de HES) un soft anglais qui répond à mes demandes, Magic Article Rewriter, et dont finalement la très grosse différence par rapport à Human Easy Spinner, et son avantage pour moi, justement, c’est qu’il utilise cette fameuse syntaxe en {} qui semble faire si peur aux créateurs d’HES. Avant de rentrer dans le détail de « pourquoi je n’utiliserai pas HES », autant vous présenter ma façon de faire.
Ce que je fais en spin
Je produis des master spins généralement assez longs (500 mots, quatre variations). Soit ils sont utilisés pour un produit de publication massive d’articles, soit les textes résultant sont utilisés par les clients comme ils le souhaitent…. le texte n’est pas d’une haute tenue littéraire, mais il est [normalement] dépourvu de fautes d’orthographe, de fautes d’accord, et de ce qui signale un spin de mauvaise qualité. Selon le type de texte, et la facilité à le spinner, les variations vont êtres imbriquées sur 3 à 5 niveaux. C’est ensuite que la rotation des paragraphes peut être appliquée, si elle a été demandée dès le départ, consistant en réalité en un niveau supplémentaire de spin.
Les liens sont le plus généralement insérés à la main, sur les textes produits, ce qui permet de varier largement les ancres, non seulement en formulation, mais en position dans le texte, et d’utiliser ces fameuses ancres « non optimisées » dont le pingouin-manchot raffole.
Pour l’instant, et dans l’attente de la prochaine mise à jour, les sites sur lesquels ces CPs passent n’ont pas été pénalisés, pas plus que les pages cibles. Ce n’est pas dû seulement à la qualité des textes, mais aussi à la méthodologie de publication.
Ma méthode de rédaction
L’article de base est produit sur un éditeur de texte, qui permet de compter les mots et d’insérer des annotations. Au moment où je rédige, je me dis « ça je le spinnerai de telle ou telle manière », et il est important d’en garder la mémoire… La structure est créée, bref l’article peut être directement publié, si il doit avoir des titres, ils sont faits. La seule chose, c’est qu’il n’y a aucun lien.
Ensuite, je prends, par paquets logiques d’environ 200 mots, le texte, que je mets dans mon outil, et que je commence à spinner, au clavier, au doigt. Mon soft dispose de quelques fonctions de base, pour sélectionner les mots, les portions de phrase, et pour « insérer » automatiquement les variations, avec cette fameuse syntaxe en accolade {}, à travers une pop up. Chaque variation créée est mémorisée, reproposée la fois d’après, et je peux éditer le(s) dictionnaire(s).
Les longs morceaux de phrase vont être spinnés en premier. Par exemple, une phrase du genre « plus ce soft est cher plus il est sophistiqué » pourra devenir « moins ce soft est cher, moins il offre de fonctionnalités », il faut donc prendre « le morceau » en entier, sinon on risque de se retrouver avec des aberrations du type « plus ce soft est cher, moins il sera sophistique ». Une fois que tous les « morceaux » ont été spinnés, je passe aux mots individuels, en travaillant d’abord en entier sur une première phrase. Les différences masculin / féminin, singulier / pluriel, voyelles / consonnes et les variations de préposition des verbes vont déterminer l’ordre d’imbrication des niveaux de variation. (Les spinneurs me comprendront, pour les autres, cet article n’est pas un mode d’emploi du spin, désolée).
Une fois le premier morceau long spinné, remettre les variations équivalentes sur les autres morceaux longs est généralement une affaire de copier-coller, plus quelques modifications.
Une fois mon texte spinné, je passe à la génération aléatoire, qui me permet de voir les petites erreurs, et donc de revenir corriger mes variations. Je considère que lorsque j’ai généré une dizaine de spins sans erreurs, le master spin est bon.
Les points auxquels il faut porter attention
Il faut garder une vision globale de la structure du texte. Quand un mot se retrouve plusieurs dois dans un paragraphe, il faut essayer de « varier les variations », pour garder un style lisible. Il faut faire très attention aux relatives (que j’utilise de moins en moins en spins), et surtout aux phrases où un mot fait référence à quelque chose qui a été dit auparavant, pour pouvoir garder la cohérence à travers les différents spins générés.
Human Easy Spinner en test
Maintenant que je vous ai expliqué comment je travaille, voilà pourquoi j’ai été déçue par Human Easy Spinner.
L’écran global est « nettement plus complexe » que celui de Magic Article Rewriter. J’espère que l’auteur ne m’en voudra pas d’en mettre une copie ici. Sur la gauche apparait l’arborescence du texte, qui va être découpé en paragraphes, lesquels vont contenir des « section de choix » (ce qui correspond grosso modo aux « gros morceaux de phrase » chez moi), lesquelles vont contenir des textes. Sur la colonne centrale, la zone éditeur permet de voir les textes avec les mots ou expressions à spinner (et en cliquant sur un mot on voit en bas les variantes proposées), et sur la droite c’est la gestion des dictionnaires.
Pas de vision globale du texte pendant le spin.
La présentation par sections, si elle a l’avantage de permettre de bien voir la structure du texte, a l’inconvénient de ne pas donner la vue d’ensemble. (On peut cependant l’afficher dans une autre fenêtre, mais avec tellement d’espaces entre les zones qu’un texte de 500 mots doit faire trois ou quatre écrans). De plus, il semble qu’il n’y ait pas de raccourcis claviers pour se balader d’une zone à l’autre. Or l’usage de la souris, quand on a dix doigts agiles, cela ralentit (et cinq ans de piano + vingt ans d’informatique… ça donne de l’agilité). On peut se déplacer dans l’arborescence avec les flèches, mais pour passer de l’arbo à la zone de saisie, je n’ai rien trouvé.
De plus, il n’y a pas de fonctionnalité d’importation d’un texte .ce qui est un peu logique… mais demande quand même pas mal de boulot. En gros, cela veut dire qu’au moment où on créé l’arborescence du texte, on sait déjà comment on va spinner. Le copier – coller à la main d’un texte de 500 mots en petits bouts prend un temps « certain ». Et, grave défaut, il n’est pas possible d’avoir plusieurs niveaux de choix. Autrement dit, conceptuellement, on doit séparer un même traitement, le spin d’une expression, entre « section de choix » et « expression dans le dictionnaire ». (Edit 30/5/2012, il y a maintenant la possibilité d’imbriquer plusieurs zones de choix. Si cela rend possible un ersatz de multiniveaux, ça reste à mon goût effroyablement casse tête).
Pas d’imbrication des variations
Ce qui semble être la prise de tête pour les concepteurs du soft, et qui est justement la force du spinning, c’est l’imbrication des variations. Au sein d’une expression, varier les noms, puis pour chaque nom, varier les adjectifs.Or HES travaille sur une logique totalement différente : on spinne d’abord les expressions longues, puis les expressions courtes. Autrement dit, si dans une phrase il trouve une expression de quatre mots dans le dictionnaire, il en prend les variantes. Si cette expression de quatre mots est constituée de mots qui se trouvent dans le dictionnaire, ceux ci ne seront pas spinnés individuellement. Ou alors… il faut entrer autant d’expressions dans le dictionnaire, générant ainsi une redondance lourde. (ou alors je n’ai rien compris au soft). Pour moi, c’est rédhibitoire.
La sélection des variations se fait par exclusion
Ça c’est le second plus gros défaut pour moi. Car mes dictionnaires sont assez lourds, ce qui est normal. (Comme le dictionnaire de base fourni en test, qui est pourtant un bon dictionnaire de spin, mettant par exemple en variation je et nous). Il est beaucoup plus rapide de sélectionner 4 à 6 variations dans une liste, à coups de « enter », que d’en décocher un certain nombre à la souris. Et surtout, c’est source d’erreurs potentielles nettement plus important.
La création des variations se fait à la souris
Sur Magic Article Rewriter, un simple F1 appelle la fenêtre de sélection des variations, et le fait d’en saisir une l’insère à la fois dans le texte et dans le dictionnaire. Ici … je n’ai rien trouvé, il faut créer l’expression dans le dictionnaire, et des variantes. De la souris… et c’est long, car là encore, il faut travailler à la souris, il n’est même pas possible de valider la saisie des variations avec une touche enter.
Lors de la création du spin, les zones de choix sont traitées comme des paragraphes.
Donc en gros, on a le choix entre de longues phrases, qui sont impossibles à spinner sur plusieurs niveaux, ou des petits paragraphes, qui n’est pas une façon naturelle de rédiger.
Pas de possibilité d’exporter en version {} (rajout)
Ce qui est logique… mais c’est le format que me demandent certains clients. Il me serait donc impossible de switcher sur un seul outil. Et là, garder et maintenir deux outils, deux jeux de dictionnaires avec une philosophie aussi différente, c’est impossible.
Le résultat ? Vide les accolades !
J’ai testé sur une phrase simple (celle que vous voyiez sur la copie d’écran). Le temps que cela m’a pris par rapport à mon soft actuel ? Plusieurs minutes contre quelques secondes (et je ne compte pas le temps d’importation de l’article, avec les prises de tête sur ce qui va aller dans un texte, et ce qui va aller en « texte » ou en « Section de choix ». Or je pense – et j’attends qu’on me démontre le contraire – que les dictionnaires sont à retravailler quasiment pour chaque texte, thématique, et que le temps investi dans la création d’un dictionnaire ne peut pas être rentabilisé à cause de la lourdeur globale du soft.
Les points positifs d’Human Easy Spinner
Il y a plusieurs choses positives dans ce soft. D’abord, si elle est contre-productive pour moi, son interface peut être une bonne introduction au spin pour un débutant, en lui permettant de « voir » la structure d’un texte. C’est en ce sens que je parle du Dreamweaver Wysiwig du spinner…
Ensuite l’idée d‘imbrication des dictionnaires, ce qui permet de favoriser un jeu de synonyme spécifique pour une thématique, par rapport à un dico général, ou de « protéger » des mots, semble intéressante. Malheureusement, étant donné la lourdeur globale des dictionnaires en production (à cause de l’absence d’imbrication des variations), je doute que cela soit vraiment gérable sur le long terme.
La génération des articles peut se faire en plusieurs fois. Le soft mémorise les variations déjà créées / utilisées, et applique son algorithme d’unicité par rapport à ce qui a déjà été fait. On pourrait penser que c’est un gadget, et que quand on fait un spin, on génère tout d’un coup, en réalité c’est une très bonne façon de générer des articles avec des niveaux de qualité différents, d’abord les trente meilleurs, ensuite les cinquante meilleurs, etc…
Enfin, un bon point, la génération des articles présente une fenêtre où on peut directement relire et corriger les textes, avant de créer les fichiers séparés.
Par ailleurs, même si cela ne me concerne pas, c’est un soft disponible sur Mac. Et l’évaluation est faite sur un mode plutôt original : aucune limitation dans le temps, les fonctionnalités, seules les sessions sont limitées à vingt minutes. Mais un radin pourra toujours quitter et revenir toutes les vingt minutes…
Une question de philosophie
C’est clairement un soft qui vient de l’univers Mac, justement. Avec ses avantages et ses inconvénients. Le « tout à la souris » fait partie des inconvénients, même si c’est un péché de jeunesse qui peut sans doute être facilement rattrapé.
En revanche, la philosophie de base du soft ne correspond absolument pas à ma façon de travailler. (C’est pour ça que j’ai pris le temps de vous l’expliquer) et là, je pense qu’il y a des choses qu’on ne peut pas changer sans tout refaire.
En réalité, aujourd’hui, TOUS LES SOFTS de spin loupent la fonctionnalité essentielle : la variation syntaxique. Je suis prête à payer beaucoup plus cher un soft qui :
- me proposera un adjectif qui est au masculin singulier dans le dictionnaire, quand je l’utilise au féminin dans le texte
- après me l’avoir proposé, fera lui même l’accord
- de la même façon, reconnaîtra quand je mets un verbe au futur, et appliquera la flexion sur les variations
- et enfin, sera capable de gérer les élisions correctement, voir même les préposition (il va à la maison | il se rend chez lui)
Ce que le correcteur grammatical de Word est capable de faire est il impossible pour un soft de spinning ? (J’espère que non, car on y travaille avec un ami…)
Quelques petits commentaires annexes
Même si elle est « hors sujet », la discussion à la fin (vers la minute 38) sur « le content spinning peut être utilisé en White Hat si on évite les fautes d’orthographe et qu’on produit des textes de qualité » me semble être un peu à côté de la plaque. Si les BH utilisent le content spinning souvent de façon sale, je connais des gens qui rédigent tout aussi mal à la main… et la couleur du chapeau réside dans l’utilisation des textes, pas dans leur mode de production. A l’extrême limite, un seul communiqué de presse est une technique BH, puisque cela permet d’acquérir les liens de façon non naturelle.
La vidéo de présentation est très très longue (40 minutes). Comme j’ai une concentration de poisson rouge, j’ai dû m’y remettre à quatre fois pour la lire en entier. Et rétrospectivement, je ne suis pas certaine qu’une vidéo de dix minutes n’aurait pas été plus efficace, au moins pour présenter le soft.
J’ai testé une version qui est une Release Candidate. Il est possible qu’un certains nombre de problèmes, comme l’absence de raccourcis claviers, soient réglés avec la version définitive. Si c’est le cas, ça serait bien de passer trois minutes à mettre sur le site « ce qui manque ».

























a dit à 9:24 , le 28 mai 2012
Belle argumentation merci. Cela permet à chacun de se faire une idée concrète avant de tester :)