Un site multilingue, cela se pense dès le début, et c’est beaucoup plus qu’une simple histoire de traduction.
Un exemple concret, celui d’un de mes clients qui est bien positionné sur la location de voiture au Maroc et que nous cherchons maintenant à faire apparaître sur les moteurs en langue anglaise, va vous permettre de partager mes affres de traductrice-conceptrice-réferenceuse.
Premier choix, la structure du site
Entre un nom de domaine par langue, un sous-domaine par langue et un répertoire par langue, les avis sont multiples, et pas tranchés.
Un nom de domaine par langue permet d’avoir des mots clés pertinents dans son URL
Certes, mais cette solution “maximale” a beaucoup d’inconvénients :
- Le prix, déjà. Sachant que sur une activité commerciale, il vaut mieux réserver les autres extensions principales, comme le .net, le .info, et peut-être le .eu, si on multiplie cela par le nombre de langues, l’addition peut grimper assez rapidement.
- L’avantage des mots clés dans le nom de domaine reste minime en termes de positionnement (bon c’est un grand débat, mais c’est mon opinion). Pour que cette stratégie soit valable, il faut pouvoir obtenir les mots clés recherchés dans toutes les langues, ou au moins dans les langues principales, sinon elle perd son sens. Or les noms de domaine significatifs sont de plus en plus rares.
- On perd totalement l’unité du site, de la marque.
Un avantage important, en revanche, la géolocalisation est assurée. (La géolocalisation, c’est le petit avantage que Google donne à un site dans le pays auquel Google le rattache).
Sur le même domaine, mais dans des sous-domaines différents
C’est une des deux solutions les plus fréquentes.
Par rapport à la précédente, on garde la marque, on peut éventuellement multiplier ses serveurs par des redirections.
La position de Google pour les sous-domaines n’est pas tranchée. Ce sont des domaines à part, mais frères.
Si ils sont suffisamment importants, avec une thématique propre, ils seront plutôt considérés comme des domaines à part.
Avantage :on peut multiplier les backlinks entre les sous domaines, et il est possible d’être présent plus de deux fois dans une page de résultat.
Inconvénient :il faut référencer chaque sous-domaine indépendamment, donc un effort plus important.
Avantage induit :il est plus facile de référencer des sous-domaines que des sous-répertoires dans des annuaires.
Le même domaine, avec des répertoires différents
C’est une solution simple, dont les avantages et inconvénients sont symétriques à ceux du sous-domaine. Elle permet aussi des langues intermédiaires, où vous ne traduirez pas la totalité de votre site, mais par exemple juste une page de résumé renvoyant vers la version internationale, par exemple.
Pour la géolocalisation, les deux solutions sont équivalentes, on peut déclarer des répertoires comme des domaines dans l’outil Google Webmaster.
Deuxième choix, la version de la langue
En réalité cette question se pose pour toutes les langues “multi-pays”. Le français de France n’est pas le même que celui du Québec, de la Suisse ou de la Belgique, en fonction des sujets. L’allemand “hoch Deutsch”, l’autrichien et le suisse allemand sont aussi différents, les mots ne sont pas les mêmes.
L’anglais ajoute la spécificité d’une orthographe différente, color ou colour, centre ou center par example, en plus des différences de vocabulaire.
Quelle est la clientèle cible de la langue ?
La réponse peut être simple : un site basé à Jersey sera “fr_FR” et “en_GB” pour reprendre le codage international des programmeurs.
Mais que choisir pour un site de location de quatre-quatre au Maroc ?
Il faut déjà regarder quels sont les clients. En pratique, au Maroc, on a beaucoup plus de clients anglais qu’américains, tout simplement à cause de la proximité géographique.
Ensuite… il faut regarder à nouveau la structure du site, et principalement combien de langues vont être proposées.
Pourquoi ?
C’est simple, si on propose un site dans les quatre ou cinq principales langues (pour le Maroc, français, anglais, allemand, espagnol et italien), on aura peu de visiteurs cherchant le site dans une langue qui n’est pas la leur.
Mais si on se limite par exemple au français et à l’anglais, alors les allemands, les espagnols, etc. vont arriver sur votre site dans une langue qui n’est pas la leur.
En clair, dans une langue qu’ils ne maitrisent pas obligatoirement, et dans laquelle ils peuvent faire des fautes, parfois grossières
La version anglaise devra donc comprendre aussi des textes dans ce que j’appelle “international english pidgin”, cet idiome minimum dont on se sert pour échanger quand on ne se comprend pas vraiment. Et ce de façon discrète, pour ne pas choquer ceux qui parlent vraiment anglais.
Or dans notre site exemple, nous avons à gérer à la fois le vocabulaire, mais aussi les abbréviations utilisées, qui ne vont pas forcément être les mêmes : un anglais parlera de 4×4 ou de 4*4, ou de 4WD, un américain se posera la question ‘SUV’ ou de four wheels, bien que le SUV ne recouvre pas la même chose que le 4×4, et enfin du off-road (mais là c’est facile, car on peut l’intégrer ailleurs dans le texte).
Or même si on plus de clients anglais qu’américains au Maroc, en général, les anglais conduisant à gauche, ils sont moins tentés de louer une voiture.
La décision pour ce site a été de s’orienter vers un ‘american-pidgin’, rent a four-wheels for off road in Morocco !
Et le les liens dans tout ça ?
Il faut suivre la même cohérence, l’ancre de vos liens devrait au maximum être cohérente avec le choix de la version de langue.
Pour certains mots, pas de problème, un hotel s’écrit de la même façon dans tous les anglais.
En revanche, pour une boutique de bijoux berbères il faudra choisir entre jewelry pour les américains, ou jewellery pour les anglais !

























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