Ne pas utiliser les mots-clé pour se référencer sur des mots-clés

Comme le mot page, le terme « mot-clé » est ambigu, surtout quand on utilise un blog WordPress. En anglais, le « post tag » est exactement cela : une étiquette associée à un contenu, ce qui n’a rien à voir a priori avec un mot clé au sens référencement du terme. En réalité, on voit beaucoup de confusion sur les forums, comme sur cette question (en changeant les mots, pour éviter de monter son « son » mot clé) :

Je fais un site sur les sorbetières, j’ai un article sur la glace à la vanille dont le mot clé est « glace à la vanille en sorbetière ». D’après ce que j’ai compris, c’est un « long-tail keyword » mais je ne suis pas certain que c’est un bon choix de mot-clé. Quand je fais une recherche avec le keyword planner de google, je n’ai aucun résultat à coté de ce mot-clé. Quelqu’un pourrait jeter un œil sur adword et me dire par exemple quel mot-clé serait plus intéressant.Par contre dans les idées de keywords, le mot « sorbetière » est le plus recherché évidemment. Est-ce que vous pensez que c’est une bonne idée d’utiliser « sorbetière » comme mot-clé dans la majorité des articles quand les mots-clés long-tail ne sont pas très intéressants ?
Il y a deux réponses, technique sur la gestion des mots clé, et SEO, sur le choix des mots clé.

Où mettre les mots clé pour le SEO dans un blog WordPress ?

Essentiellement dans le contenu, un peu dans les urls et dans les meta-title. Bref, partout sauf dans les « post tags » (donc les mots clés). Et bien sûr, pas dans la balise keywords !

Mots clé, Yoast et triplette du bourrin

WordPress Seo de Yoast a une fonction qui est dangereuse : l’affichage du « mot clé principal », qui doit se retrouver, selon le plugin, dans le titre de l’article, la meta-title, l’url et le contenu pour que le petit voyant SEO devienne vert.
J’ai déjà dit ce que j’en pense... et je me demande toujours quels sont les gens qui ont vraiment besoin qu’on leur indique une chose aussi simple pour un article qu’ils viennent de rédiger. A moins d’avoir une perte de mémoire immédiate, associée à une dyslexie aigüe, si on n’est pas capable de savoir ce qu’on met dans un titre, une url et un texte…
C’est particulièrement dangereux quand on a un « mot clé » principal qui est une « expression clé » de plusieurs mots, si on « suit » Yoast, on se retrouve avec une url à rallonge, un titre identique à l’url…

Le mot clé en post-tag

Il est généralement recommandé de ne pas faire comme moi dans ce blog, et de mettre les post tags en no index. Il y a deux écoles, en réalité : catégorie en noindex et post tag en « do index », ou l’inverse.
Le post tag a une tendance naturelle à la prolifération : cette taxonomie n’est pas hiérarchisée, comme les catégories, il est assez difficile de « voir » la liste des mots clés disponibles (je viens de faire un petit ménage dans les miens, j’en avais environ 200 de totalement inutiles, dupliqués, correspondant à des fautes de frappe…)
Les mots clé de longue traine sont par définition nombreux : les utiliser comme post tag va augmenter fortement le nombre de pages d’archives de mots clés avec un ou deux articles au maximum (donc en duplicate content et surtout avec un contenu pauvre, donc à passer en noindex, donc d’aucune utilité pour le référencement)
Par ailleurs, l’utilité pour le lecteur du blog est très discutable, car le besoin n’est pas le même que pour une recherche dans Google.

Guider l’utilisateur dans les contenus du blog

Dans l’exemple en question, l’internaute arrive sur le blog en recherchant « comment faire une glace à la vanille avec une sorbetière » . Il sait donc que le blog parle :
  • de recettes de cuisine
  • de recettes de glace
  • de l’utilisation d’une sorbetière
  • du parfum vanille

Les mots clé vont lui servir comme marqueur de contenu :

  • soit une indication résumée du contenu de l’article, dans les pages d’archives, qui doit donc être complémentaire du titre et de l’extrait
  • soit pour naviguer d’un article à l’autre

Si les pages d’archives de mot clés sont trop pauvres en contenu, il va être déçu, et risque de quitter le blog. Les post tag, pour être utiles, doivent avoir du « contenu » c’est-à-dire regrouper plusieurs articles.

Dans notre exemple, en mettant comme post tag : « glace », « sorbetière », « vanille », on propose à l’internaute trois autres sujets, vers lesquels il peut aller pour trouver d’autres informations.

Les mots clé de longue traine doivent être placés dans le contenu

Si vous faites une page dédiée à un mot clé de longue traine, celui ci doit impérativement être présent dans le texte et dans le title.
S’il faut choisir entre title et H1 (donc titre de l’article), je préfère le title, qui va apparaître dans les pages de Google, et donc indiquer clairement à l’internaute que cet article là correspond à sa recherche.
L’essentiel reste le contenu.
Sur la page elle-même, dans un des sous-titres, dans le texte lui-même, avec des variantes, à côté de synonymes…
Et dans les autres contenus, avec des ancres internes vers cet article.

Maintenant, d’un point de vue SEO, comment choisir ses mots clés de longue traine ?

Le principe de base de la longue traine (ou long tail), selon moi, c’est que « ça vient tout seul ».
Pour rappel, toujours selon ma compréhension, la longue traine représente ce bas d’une courbe en 80/20 : les 80% de mots clé qui vous apportent 20% des visiteurs. Soit, par mot-clé, 0,25% de vos visiteurs (souvent moins, en pratique, la longue traine sur un site de contenu représentant près de 95% des mots clés, si on considère les expressions exactes).
Il ne faut donc pas confondre les mots clés spécifiques sur lesquels on va travailler, et qui peuvent être fortement concurrentiels, moyennement concurrentiels ou pas du tout concurrentiels, si on a de la chance, avec le concept de longue traîne.
Transformons donc la question :
Est-ce qu’un mot clé que Google présente comme peu ou pas recherché est un bon choix de mot clé ?
Et la réponse :
P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non

Google ne donne plus les volumes de recherche que en « exact »

Cela veut dire qu’on n’a plus – sauf à travailler ses mots clés de façon approfondie – d’indication du volume de recherche des expressions voisines, dans notre cas :
  • glace vanille sorbetière
  • glasse vanille comment sorbetière
  • glace vanille dans sorbetière
  • sorbetiere pour glasse vanille café
etc…
Or, et particulièrement dans le cas de la longue traine, on peut avoir tout un ensemble d’expression qui, individuellement, vont faire très peu de recherche, pour arriver, globalement, à un volume de recherche « faible à moyen » qui peut être intéressant,
En même temps, une page correctement optimisée pour « glace vanille avec sorbetière » a de très grandes chances de très bien ressortir pour « glace vanille dans sorbetière » et, pourquoi pas, en fonction du contenu, « sorbetière pour glasse vanille café »
C’est l’intérêt d’un contenu riche et d’un bon cocon sémantique (qui n’a rien à voir avec un silo).

Comment choisir ses mots clé, alors ?

La recherche de mots clés via Adwords ou d’autres outils permet déjà de dégager les tendances, les expressions à un à trois mots clés qui génèrent du trafic.
Une fois qu’on a cela, qui représente déjà, normalement, plusieurs centaines de mots clés, il faut les organiser par thématiques.
Dans l’exemple de la glace à la vanille avec une sorbetière, on a trois thématiques :
  • comment faire une glace
  • le parfum vanille
  • l’outil sorbetière

La thématique glace peut déjà se scinder en glace, sorbet, « ice-cream », « dessert glacé.

La thématique parfum est assez infinie.

La thématique outil peut se décliner par marques, conseils, trucs d’utilisation.

En identifiant, dans chaque thématique, les mots clés les plus recherchés, en les croisant et combinant, on va arriver à trouver de nombreuses expressions de longue traîne. Et surtout, on sait ce dont il faut parler dans notre contenu, même sans faire une optimisation particulière.

L’organisation des taxonomies

Enfin, les différentes thématiques vont pouvoir être réparties, selon leur richesse, sur les différentes taxonomies possibles.

Intuitivement, ici, j’aurais tendance à faire une custom taxonomy pour les parfums, une autre pour les marques de sorbetières. Les catégories pourraient bien concerner les types de desserts, et les mot clés « tout le reste ».

Les valeurs de taxonomies (ou termes) seraient en index ou noindex en fonction du nombre d’articles.

(La glace vanille avec le croquant raisons – noisettes qui illustre cet article est une photo sous licence CC BY de Jeffreyw)

4 commentaires

  1. [violons] Pour moi, le seul mot-clé qui guide et ouvre toutes les portes, c’est : AMOUR [violons]

    Répondre à Cristophe, blogueur non influent
  2. Bonjour,

    En effet, le mot tag est depuis longtemps traduit à tort par « mot-clé » alors que le terme étiquette » serait plus juste.
    Je fais partie de ceux qui pensent que ces tags ne doivent pas être utilisés dans un but de référencement, mais plutôt dans celui de faciliter autant que possible la navigation aux visiteurs.
    Mais je suis d’accord avec vous qu’un tag qui ne sera présent que sur un ou deux articles n’aura aucun sens.
    Bref, c’est comme beaucoup chose, il n’y a pas de réponse catégorique et il faut savoir nuancer.

    Cordialement,

    Bruno

    Répondre à Bruno TRITSCH
  3. Longue traine, tout le monde en parle mais je ne vois comment utiliser cela dans adwords, sachant que adwords désactive les mots clés à faible volume pour diffuser les annonces.. donc il y a quelque chose que je n’ai toujours pas compris…

    Répondre à pja

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