En décortiquant l’offre de Mon Entreprise en Ligne, je me suis aperçue qu’il s’agissait en réalité d’une opération Google internationale. Alors que certains points dans l’opération française me déplaisent fortement, on voit sur les autres sites, en anglais, que ce n’est pas Google qui impose le pire.
Une opération Google
Ca je l’ai découvert en prenant le logo du site pour illustrer mon article. Etrangement pour un site français, le nom du fichier était en anglais « Getting Business Online ». Curieuse, je google et je tombe sur trois sites avec ce nom :
La version australienne de Mon Entreprise en Ligne
Ça s’appelle Getting Aussie Business OnlineSur la page d’accueil, on lit « Brought to you by Google and Myob », avec un favicon Google, là au moins c’est clair. L’offre est plus longue, et les conditions d’utilisation sont clairement accessibles depuis la page d’accueil. Elles détaillent ce qui est proposé : 10 mega d’espace gratuit pour douze mois, plus la possibilité d’utiliser les services clouds proposés par Myob. Le prix est à peu près identique pour l’hébergement, pour le nom de domaine il me semble correct (je ne connais pas les prix des tld australiens) mais surtout il n’y a aucune charge supplémentaire pour le transfert du nom de domaine ailleurs.
la version anglaise de Mon Entreprise en Ligne
Avec beaucoup d’originalité, elle s’appelle Getting Bristish Business Online.
Mêmes principes, les partenaires sont British Telecom, e-skills uk, et EnterpriseUK, qui est une association professionnelle, créée par les Chambres de Commerces et d’autres organisations patronales. Mais pas de participation gouvernementale. De la même façon, les conditions sont accessibles à partir de la page d’accueil, et de la même façon, il n’y a aucune barrière monétaire au transfert de nom de domaine, qui est possible au bout de 60 jours.

Les mauvais côtés de l’opération française sont donc liés aux partenaires de Google.
Oxatis en premier, qui a dû pâlir à l’idée de donner une gratuité d’un an et de perdre ensuite les clients, et qui a mis cette barrière à la sortie.
Frédéric Lefebvre en second, dont on connaît la grande expertise dans le domaine de l’internet, et qui sorti par la porte du mauvais accueil Twitter, revient par la fenêtre du secrétariat d’Etat au Commerce. Le texte que le patron d’Oxatis a écrit sur son blog me laisse dubitative. Notamment lorsqu’il insiste sur le fait que les données appartiennent à l’entreprise. Certes, mais concrètement ? On veut partir, on a un export de la base, exploitable (genre un fichier csv importable dans un autre CMS), où on récupère ce dont on est propriétaire via la technique du copier-coller ou de l’aspiration ? (Je passerai sur la formulation de l’article qui ferait presque croire qu’il s’agit d’un projet Oxatis, c’est de bonne guerre).
On peut faire le choix d’utiliser ce type de services, au lieu de développer son site soi même, et ce n’est pas obligatoirement un mauvais choix. Dans ce domaine, il semble qu’Oxatis soit en général un prestataire sérieux (je dis semble, parce que ce n’est pas mon domaine d’expertise, mais les habituelles recherches Google sur le nom de la marque associé à arnaque, ou à problème ne donnent rien de convaincant), et en tout cas, même à 50 euros par mois, on reste loin des arnaques de certaines sociétés qui arrivaient à facturer plus de 4.500 euros sur une période de 48 mois où le client était captif. Le prix de la solution Oxatis reste honnête, et c’est d’autant plus dommage de gâcher cela avec une communication obscure, et cette barrière à la sortie. Personnellement, quand je suis un client potentiel, je déteste qu’on me confonde avec un escroc potentiel.
Pas vous ?
Mais surtout, ce qui me surprend dans cette affaire, c’est l’étrange schizophrénie du gouvernement français.
Le gouvernement français ne sait pas ce qu’il veut
Ce que Google veut dans cette opération est très clair : amener de nouvelles entreprises sur le web et les rendre clients, par le biais d’une offre d’essai Adwords. Tout est fait pour faciliter la vie au patron de TPME qui ne s’est pas encore intéressé au sujet, y compris avec une hotline gratuite. Tout est fait, non pas pour mettre les TPME en ligne, mais pour les pousser à dépenser un budget publicitaire sur internet. A commencer par la création de compte Google, obligatoire, qui permet de mettre la main sur les données du (futur) client.
Ce que Oxatis (et SFR qui semble intervenir comme hébergeur ?) veulent, c’est aussi très clair : par le biais d’une offre super bien présentée, récupérer de nouveaux clients qui vont être amenés vers une offre à 50€ par mois, l’offre ecommerce complète, à partir d’une offre « gratuit pendant 12 mois, et 5 € par mois ensuite ».
Maintenant rappelez-moi qui a dit que Google avait des pratiques hégémoniques ? Rappelez moi qui a proposé une taxe Google, ne trouvant pas normal que les revenus tirés de la publicité ne soient pas domiciliés, et donc taxés, en France ? Rappelez moi ? Ne serait-ce pas un certain gouvernement français ? Exactement le même qui « patronne » l’opération, alors que dans aucun autre des pays où j’ai vu cette offre « Google et autres », un ministère ou un organisme public n’était impliqué ?
J’avoue que je me pose la question… opération de réconciliation ? Simple absence de communication entre Zadig et Voltaire ? Je n’en sais rien, mais je trouve cela étrange.


















Bonjour,
Quelle coïncidence car je viens de recevoir un mail sur Mon entreprise en ligne via une newsletter.
Effectivement tout cela me parait bien contradictoire : ah la France ! Je pense que la France (=le gouvernement français) a « du pain sur la planche » quant à la connaissance de l’internet, de ses capacités et du monde numérique. La preuve en est : la création du Conseil National du Numérique (CNN) institué par M. notre Président de la République. A peine quelques heures après avoir été créé, le CNN est déjà vivement critiqué par certains spécialistes en la matière. Et pour cause, ils n’ont même pas été intégré dans ce CNN (cf. http://www.lemagit.fr/article/munci-sarkozy-cnn/8643/1/cnn-munci-tres-critique-annonce-creation-prochaine-contre-comite-plus-representatif/). Bref après l’échec de la loi Hadopi voici venir sans doute l’échec du CNN.
Au fait j’oubliais l’essentiel : très bon article !
MBH