Depuis l’été je prépare le site de Lumière de Lune, dont le blog ne sera qu’un élément. Je vous prépare notamment une banque d’images, une version anglaise et une version allemande.
Les cordonniers étant les plus mal chaussés et les bouchers mangeant du navet (version marocaine du même proverbe) ça va lentement, et notamment j’ai mis beaucoup de temps à choisir le CMS que j’utiliserai.

J’étais arrivée sur WordPress un peu par hasard, cherchant à sortir mon premier blog de Blogspot, par un blog qui me plaisait bien, fait sous WordPress, et qui donnait des morceaux de code et des astuces. Une fois qu’on est tombée dans une marmite de potion magique, il est difficile d’en sortir. Mais cette fois-ci, WordPress ne me suffit pas. La capacité de WordPress à gérer un site multilingue n’est pas suffisante.
Cette fois-ci, je ne voulais pas choisir par hasard, et j’ai donc mis noir sur blanc mes critères de choix. Un peu élargie, cette grille peut être utile pour n’importe qui …
Le premier critère de choix, c’est vous
Plutôt développeur ou plutôt graphiste ? Expérimenté en php ou pas ? Complètement newbie, touchant un ordinateur pour la première fois ? En train de faire un blog perso, un blog d’activité professionnelle, un site associatif, un site pro ? Avec déjà plein de copains qui bloguent sur une plateforme spécifique ?
En fonction de cela, vous regarderez plutôt l’utilisation, les extensions ou plugin qui ajoutent des fonctionnalités sans que vous ayez à mettre les mains dans le cambouis, les bibliothèques de thèmes existantes, ou vous rentrerez dans les entrailles de la bête, pour voir si vous pouvez facilement la modifier.
Vous ferez plus ou moins attention aux critères de pérennité de la solution choisie, à la possibilité ou pas de conserver vos données et de les migrer d’une plateforme à l’autre, au poids de la communauté existante sur certaines plate-formes, à la gratuité ou pas des extensions.
Si vous voulez optimiser votre site, vous regarderez la possibilité de faire de l’url rewriting et si l’outil génère ou pas beaucoup de duplicate content.
Résumer les principales fonctionnalités que vous attendez de votre outil
C’est en fait plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on découvre.
Si vous débutez, vous aurez sans doute beaucoup de mal à résumer en termes clairs les fonctionnalités que vous recherchez. Et cela sera peut être plus simple de partir à la recherche de sites qui ressemblent à ce que vous avez envie d’avoir (en oubliant le graphisme) que de faire un vrai cahier des charges. En regardant comment ces sites sont faits (même en posant la question au webmaster) vous pourrez avoir une idée des différents outils à regarder.
Pourquoi oublier le graphisme ? Parce que, sauf cas exceptionnel, n’importe quel graphisme peut se porter sur n’importe quel outil. Plus ou moins facilement pour certaines choses comme des animations flash, (et dans ce cas il faut regarder vers les extensions, mais les couleurs, les dessins, la mise en page et les animations sont les choses les moins importantes pour choisir son CMS.
Les fonctionnalités qui font la différence pour moi
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La possibilité d’avoir un site multilingue
- C’est sans doute un des points faibles de WordPress, je n’ai toujours pas trouvé la bonne solution pour avoir un site vraiment multilingue facilement, avec un bon SEO. Les plugins comme polyglotte ne sont pas très bons sur la gestion d’url, et surtout le thème n’est pas multilingue.
C’est ce qui m’a poussé vers Joomla et Drupal, avec en plus la possibilité de gérer des pages différentes selon les langues, et des pages qui ne sont pas traduites au même rythme (rien n’est plus exaspérant sur un site Joomla d’arriver sur « la traduction n’existe pas ». -
La possibilité de gérer des utilisateurs
- Dès qu’il sera multilingue, ce site accueillera plusieurs rédacteurs. C’est souvent un besoin sur un blog de pouvoir gérer différents types de contributeurs avec des niveaux de droits différents.
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Une administration facile
- Un CMS comme Typo3, qui est très courant en Allemagne, nécessite systématiquement un serveur dédié, avec en conséquence un administrateur. Je préfère proposer à mes clients des sites légers, qu’ils puissent, si ils le souhaitent, héberger sur un plan OVH, et administrer facilement eux mêmes.
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Une communauté large et réactive, et multilingue
- Parce que cette communauté est la condition pour le développement des extensions et des thèmes, et qu’elle offre aussi un bon support. Idéalement, pour moi, elle doit exister en français, anglais et allemand.
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Une bonne taxonomie
- Késako ? Une gestion des « termes », des « qualificatifs », en clair, ce qu’on appelle catégorie et tag, sous WordPress. Une taxonomie, en général, c’est un système d’étiquettage de vos éléments, qui doit être suffisamment souple pour répondre à vos besoins. Par exemple, j’utilise énormément les catégories et les tags quand je fais des sites « mixtes », intégrant un blog WordPress à un site fait « autrement ». J’utilise les catégories comme critères pour générer des liens entre les différentes parties du site.
La gestion du multilinguisme peut aussi se faire à travers cela.
Les autres fonctionnalités, les questions à se poser
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L’intégration avec les autres plateformes
- Si vous êtes sur Flicker, Facebook, Twitter, ou toute autre plateforme, vous avez peut être envie de cross-poster, faire apparaître les publications de votre blog sur Facebook, par exemple, ou à l’inverse, avoir vos dernières photos Flickr dans votre sidebar. Sur les plateformes de blog majeures, ces extensions existent. Sur les petites, c’est moins facile à trouver.
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D’autres sections dans votre site
- Un forum ? Une boutique ? Une galerie photo ? Un espace de téléchargement ? Quoi qu’il en soit, regardez si il existe des modules ou des extensions qui permettent de rajouter ces grosses briques facilement.
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Le degré de connaissances requises pour personnaliser le site
- En théorie, on peut tout faire avec tout. En pratique, c’est plus ou moins facile, et il faut mettre plus ou moins les mains dans le cambouis. A vous de voir si cela correspond à votre niveau d’expertise.
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Les thèmes existants, pour les débutants
- Au début, il est plus simple de reprendre un thème existant, et de juste changer une image ou une couleur. Alors regardez si l’offre de thèmes est abondante, si il y a des choses qui vous plaisent.
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Chez vous ou chez les autres ?
- L’avantage d’une plate-forme comme blogger, comme Le Monde ou wordpress.com c’est qu’on vous offre un système clé en main. Vous n’avez pas à vous soucier des mises à jour, des problèmes de serveur, de virus, de comptabilité des plugins. Pour un débutant, ou quelqu’un qui n’a pas la fibre bidouilleuse, c’est bien.
L’inconvénient, c’est que :- Généralement, vous êtes limité dans les thèmes et les plugin, ou alors vous devez payer un montant mensuel, souvent équivalent à un hébergement
- Le nom de domaine ne vous appartient pas toujours, pour les sites professionnels je trouve cela rédhibitoire.
- Si vous décidez d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, il peut être difficile, voir impossible, de récupérer ses données
- Certaines plateformes, comme le Monde, imposent de la pub
- Certaines, comme Vox ou LiveJournal, imposent aux commentateurs de s’enregistrer pour laisser un message.
Voilà, vous avez fini votre liste, vous savez à peu près ce que vous voulez faire, ce que vous êtes capables de faire, et si vous voulez le faire chez vous ou chez les autres.
Il est temps de commencer à faire son marché.
CMSMS, WordPress, Dotclear, Joomla, Drupal et les autres
Je pars dans l’option d’un site hébergé sur votre propre serveur, avec votre propre nom de domaine.
La première chose que vous pouvez faire, c’est d’aller voir CMS Matrix, qui effectue un comparatif en ligne des principaux CMS disponibles. Liste très complète, et j’avoue ne jamais avoir entendu parler de 90% d’entre eux.
Si vous débutez, vous allez voir que la formulation est très différente de votre liste de besoins. C’est tout le problème des techniciens ! L’explication détaillée des différents points viendra dans un post à part.
Dotclear est malheureusement absent, sans doute parce que c’est une solution très francophone.
La deuxième chose qu’on peut constater, c’est que l’évaluation de WordPress a plus d’un an, et beaucoup de choses ont changé.
RTFM, lire la doc
« Read the Fucking Manual », c’est la réponse qu’on reçoit parfois dans les forums quand on pose une question trop simple.
L’intérêt de lire la doc, surtout si vous avez un peu d’expérience, c’est que cela va quand même vous apprendre ce que le soft peut faire, et cela va aussi vous donner un premier sentiment d’aisance ou pas.
Je pense que Joomla est un bon système. Sa base installée est assez large pour le prouver. Pourtant je ne comprends rien à sa doc. J’ai même dû acheter un livre pour me faire une opinion.
En revanche, en parcourant la doc de Drupal, les concepts faisaient tilt tout de suite, je pouvais rapprocher cela de choses que je connaissais déjà, bref la courbe d’apprentissage serait visiblement moins dure que sur Joomla, et j’aurais un peu moins besoin de jouer entre deux logiques différentes pour mes sites WordPress ou Drupal.
Passer dire bonjour dans les forums
Cela vous permettra de sentir la communauté, sa réactivité, son niveau technique.
Par exemple, CMS Made Simple n’a pratiquement pas de communauté francophone, et celle de Joomla est « peu accueillante ».
Vous pouvez aussi poser des questions précises. Sauf chez Joomla, (mais non je n’ai pas une dent contre eux), je n’ai jamais vu quelqu’un mal accueilli quand il arrive en disant
Bonjour, je pense à faire un site sur votre système et je me demandais si telle ou telle chose était faisable facilement, ou si il fallait vraiment savoir coder.
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En parcourant les sujets, vous verrez aussi quels sont les problèmes, si on parle de solution E Commerce, d’intégration de forum… bref vous aurez une réponse qualitative aux questions dans votre liste.
Tester en local
Cela prend un peu de temps, mais pour le peloton de tête, rien ne vaut un bon test. Vous installez un serveur local avec par example WAMP pour Windows, et vous installez votre CMS. Vos CMS. Et vous bidouillez un peu.
Mieux vaut faire cela avant d’être en ligne. Un peu de temps passé à cela vous évitera peut être pas mal de déboires, et même une migration difficile.
Le résultat pour Lumière de Lune ? Drupal

WordPress ne suffit pas. Dotclear est « différent mais pareil », pas intéressant de passer à un autre système.
Spip est un acien système, assez complexe à prendre en main, même si il est très puissant.
Typo3 qui est très présent en Allemagne, était exclu à cause de sa complexité d’administration. Je pense qu’il est intéressant pour moi de pouvoir proposer à mes clients allemands une solution plus simple, plus souple et finalement moins couteuse que Typo3.
Je pratique CMS Made Simple, à cause de certains clients, mais il est trop simple pour ce que je souhaite faire, et finalement assez difficile à mettre à jour pour quelqu’un qui ne connait pas vraiment le code.
Drupal et Joomla étaient les seuls réellement en lice.
Joomla Fish correspondait totalement à mes besoins de site multilingue, mais en revanche la taxonomie semble absente de Joomla, et la gestion des « catégories », extrêmement simpliste par rapport à ce que je peux faire sous WordPress.
Quant à la communauté…
Drupal a un module de traduction qui répond à mes besoins (liens entre les différents éléments dans les différentes langues, url différentes, possibilités de traductions non synchronisées), une gestion de la taxonomie comme on voudrait la voir dans WordPress, une énorme communauté.
Les extensions et les thèmes sur Joomla sont monétisés. Il est intéressant de chercher des thèmes gratuits sur Joomla, et de voir le nombre de sites qui proposent un thème gratuit pour dix thèmes payants. Là encore la communauté de Drupal est beaucoup plus proche du mode de partage auquel j’ai été habituée sous WordPress.
L’url rewriting sous Joomla est « sensible », en tout cas dans la version standard.
Reste simplement à décider si ce blog va rester sous WordPress, en étant intégré à Drupal, ou migrer aussi.
J’espère pouvoir sortir le nouveau site en janvier.
























Je ne vois pas TYPOLight dans cette liste : http://www.framasoft.net/article4791.html
Ca serait bien dommage de ne pas y jeter un coup d’oeil, d’autant plus que la communauté française est des plus enthousiastes : http://typolight.fr/
Personnellement, je suis tombée dessus par hasard, alors que j’hésitais entre Joomla! et Drupal … et je ne regrette pas mon choix.